Personne ne disait mot.
Il y avait un peu de gêne. Pas un malaise, plutôt de la timidité.
Les sourires et les regards échangés étaient à la
fois complices et embarrassés. Ce que nous allions faire, nous en avions
déjà souvent parlé. Il avait fallu du temps pour que tous
soient prêts, que chacun soit suffisamment confiant pour ne plus craindre
l' « après ». Mais qu'il était difficile à
franchir ce dernier pas, limite entre théorie et pratique!
Finalement, c'est Aurore
qui se montra la plus courageuse - ou la plus motivée. Elle se tourna
vers Cannelle et approcha ses lèvres de son oreille, lui murmurant quelque
chose que je n'entendis pas. Sans doute une incantation secrète interdite
aux males. Elle ressemblait à ces bergers qui calment un animal effrayé
en lui parlant tout bas. Bon, Cannelle n'avait rien d'un animal effrayé,
mais les incantations s'avéraient efficaces : elle était visiblement
plus détendue, un sourire amusé au coin des lèvres.
Sous l'effet des formules
magiques de la shamane la tension perceptible quelques instants plus tôt
s'était dissoute. Il ne restait plus que deux filles complices en train
de rire bas en s'échangeant des secrets dont j'étais exclu. C'était
un bon départ. Très bon. Tellement bon même que j'en arrivai
à me demander si c'était vraiment la première fois pour
Aurore. Elle continuait de murmurer à l'oreille de Cannelle, provoquant
de petits rires. Ça aurait pris l'air d'une soirée pyjama entre
lycéennes s'il n'y avait eu ces lèvres se rapprochant du visage
de Cannelle, effleurant imperceptiblement son oreille, déposant un baiser
furtif sur sa joue, un autre un peu plus appuyé dans son cou. Cannelle
semblait ne s'apercevoir de rien. Elle avait fermé les yeux et écoutait,
laissant s'échapper de temps à autre un éclat de rire.
Mais petit à petit, une nouvelle tension prenait forme, sans rien de
commun avec celle initiale. C'était une tension électrique, érotique
; un courant circu
lait entre les deux corps, renforcé par chaque baiser d'Aurore.
Cannelle gardait les yeux
clos. Ses bras le long du corps ne bougeaient plus. La respiration un peu plus
rapide que d'habitude, elle se laissait faire.
Aurore s'était tue.
Ses baisers se faisaient aventureux, se rapprochant lentement de la bouche.
Un premier aboutit sur le coin des lèvres, un autre pile dessus. Tête
blonde contre tête brune. Aurore répétait ses baisers sur
des lèvres un peu crispées. Patiente, elle ne voulait pas forcer
les choses et attendait une réponse à son appel. Quelques secondes
de plus et elle arrivait à ses fins. Cannelle ouvrit ses lèvres,
offrant un passage à la langue audacieuse.
C'en était fini
de la passivité de Cannelle. En répondant aux baisers d'Aurore,
tout son corps s'était animé. Sa main s'était détachée
du canapé et glissée dans les cheveux blonds, collant un peu plus
leurs visages l'un contre l'autre. Dans un assaut retenu jusqu'à présent,
sa langue était partie à la rencontre de celle d'Aurore.
Des deux gorges montèrent
des gémissements simultanés. Mon pantalon me fit brutalement l'impression
d'être deux tailles trop petit.
S'il restait un peu de
gêne, ce baiser profond y avait mis un terme magistral. Les deux corps
allaient maintenant l'un vers l'autre, s'appelant au travers des vêtements.
Cannelle caressait les cheveux d'Aurore tout en l'embrassant et en l'attirant
un peu plus près d'elle. Aurore répondait avec autant de vigueur
et d'enthousiasme. Les langues se touchaient, se mêlaient, se découvraient.
Aurore changea de position
afin de libérer une de ses mains qu'elle posa sur le ventre de Cannelle.
Ses doigts se glissèrent entre deux boutons du chemisier afin de caresser
la peau nue dessous. La main remonta le long de la bordure. Du dos, elle effleura
un des seins, se retourna et le saisit dans toute sa rondeur, le massant doucement.
Cannelle se raidit une fraction de seconde, puis se détendit à
nouveau. Son souffle devint un peu plus rapide. Mettant fin au baiser, elle
bascula la tête en arrière et l'appuya sur le rebord du canapé,
le visage tourné vers un ciel imaginaire. Les lèvres de Aurore
entamèrent alors une lente descente, suivant le dessin de la joue de
Cannelle en remontant jusqu'à l'oreille. Elles longèrent la ligne
de la mâchoire avant de parcourir le cou jusqu' à la naissance
des seins. Elles s'attardèrent là pour embrasser chaque morceau
de peau accessible, dessinant des arabesques du bout de la langue. Libérant
ses deux mains, Aurore entreprit de dégrafer le chemisier. Un, deux,
trois, quatre, cinq, les boutons n'avaient pas résisté, les pans
du chemisier s'étaient entrouverts pour dévoiler un soutien-gorge
en dentelle blanche. Les tétons se laissaient deviner. Aurore arrêta
ses baisers un instant afin de profiter du spectacle. Elle s'immobilisa deux
secondes, comme pour graver cette image dans sa mémoire, puis se saisit
des seins à pleines mains. La tête toujours basculée en
arrière, Cannelle poussa un soupir de plaisir.
Gêne et retenue initiales
avaient fait place à de la fébrilité. Tandis que la blonde
s'empressait de découvrir le corps inconnu, la brune attendait avec impatience
des caresses plus profondes. La respiration de Cannelle se faisait plus rapide.
Quand Aurore dégrafa son soutien-gorge et libéra ses seins pour
s'emparer d'un téton à pleine bouche, Cannelle se mit à
haleter. Son bassin, soudain animé d'une vie propre, amorça de
lents allers-retours. Ses cuisses s'étaient écartées, faisant
remonter sa jupe en jean. Quand Aurore glissa sa main entre les cuisses ouvertes
pour les remonter et se glisser sous le collant puis sous la culotte, le tambour
qui battait la chamade dans mon caleçon s'arrêta brusquement. Ma
queue était tendue à son maximum, butant contre le tissu de mon
jean, à en être douloureuse presque.
Au moment où la
main d'Aurore s'était aventurée contre son sexe, Cannelle s'était
une nouvelle fois figée, le bassin collé contre l'intrus, le souffle
bloqué, la bouche entrouverte. Ses yeux étaient toujours clos
mais plissés dans une expression de plaisir intense. Ce visage, c'était
celui d'une jouissance imminente. Sous la jupe, je devinais les doigts d'Aurore
qui s'étaient arrêtés de bouger dans la fente humide afin
de retarder l'orgasme et prolonger le plaisir. Cannelle reprit lentement sa
respiration tandis qu'Aurore lui mordillait le bout des seins et que sa main
recommençait à la caresser. A l'instar de celui de Cannelle, mon
bassin avait fait sécession et de petits mouvements de va et vient incontrôlables
l'agitaient.
Faisant une pause dans
ses caresses, Aurore s'agenouilla au pied du canapé, entre les cuisses
de Cannelle, le visage tourné vers elle. Des deux mains elle remonta
sur les hanches la jupe en jean, puis attrapa collant et culotte ensemble pour
les faire glisser le long des jambes et les jeter à l'autre bout de la
pièce. Le sexe humide surmonté d'un triangle de poils noirs apparut.
Aurore saisit les deux cuisses et attira Cannelle à elle, l'installant
dans une position plus confortable pour elle. Vautrée dans le canapé,
le cul juste à la bordure, les genoux remontés au niveau de ses
épaules, Cannelle exhibait et sa chatte et son cul, sans retenue, dans
une position d'attente. Sa respiration n'était plus qu'un long soupir
de plaisir et d'impatience.
Aurore contempla le sexe
offert quelques secondes, puis sans hésiter en approcha ses lèvres,
glissant sa langue aussi profond qu'elle le pouvait. Ce fut pour moi l'occasion
d'une découverte : en fait, ma queue n'était pas à son
maximum! Toujours enfermée dans mon pantalon, elle bondit un peu plus,
prête à faire exploser ma braguette.
A deux mains, Cannelle
s'était emparée de la tête blonde et la collait contre son
sexe. De longs râles vibrants sortaient de sa bouche. Rester assis sur
ce canapé avec cette scène sous les yeux relevait de la torture.
Aurore s'était mise à quatre pattes pour plus de confort et son
petit cul dressé vers moi m'obsédait.
A travers le jean, je n'avais
pas de mal à deviner la chatte blonde (que j'espérais humide),
surmontée d'une petite étoile rosée. Ce trou du cul m'obnubilait.
Quand Aurore et moi étions
ensemble, j'avais timidement évoqué la sodomie à une ou
deux reprises. Je n'avais pas parlé de l'enculer, grands dieux, non!
Quel acte horrible! Juste de la sodomiser. Gentiment, proprement, élégamment
presque. Avec beaucoup d'amour bien sur, des pétales de rose sur le lit
et des mots doux tout du long. Elle n'avait pas réagi comme je l'espérais.
Quelques temps auparavant, à l'évocation anodine des sexes épilés,
elle avait répondu que ce type de phantasme était typique des
pédophiles. J'étais totalement d'accord avec elle! Concernant
la sodomie, il était bien évident que ce penchant ne pouvait être
que la preuve d'une homosexualité refoulée. Ça tombait
bien, parce que je disais ça comme ça. La sodomie, c'était
une suggestion pour lui faire plaisir à elle, pour varier un peu nos
habitudes. Donc, si ça ne l'intéressait pas, tant mieux, on était
sur la même longueur d'onde. Enfin, presque.
Du temps avait passé depuis, et voilà que revenait me hanter ce
cul, fièrement mis en valeur par les reins cambrés, me fixant
d'un air narquois avec cet oeil unique que je devinais caché derrière
le pantalon.
C'était trop, beaucoup
trop pour pouvoir résister plus longtemps. Abandonnant mon canapé,
je m'agenouillais derrière Aurore. Saisissant le bord de son t-shirt,
je le fis remonter le long de son dos afin de dévoiler ses reins. J'y
déposais des baisers appuyés. Cannelle gémissait toujours
agrippée à la tête blonde et ne semblait plus être
avec nous, Aurore ne réagit pas à mes caresses et continua ses
travaux de langue avec application. Je glissai mes mains sous son ventre et
remontais sous son t-shirt jusqu'à sa poitrine. Elle ne portait pas de
soutien-gorge, ses seins vinrent tout naturellement se poser dans mes mains.
Avec les années,
ma mémoire avait peu à peu oublié le corps d'Aurore, mais
mon corps non. La forme de ses seins, leur douceur, les tétons qui venaient
gonfler et frotter contre mes paumes, il me semblait que c'était hier
que je les avais quittés. Elle était toujours à quatre
pattes, j'en profitais pour me coller derrière, frottant mon sexe contre
son cul au travers des vêtements. Je ne lâchais pas ses seins pour
autant, et continuer à embrasser son dos. Entre deux coups de langue,
Aurore commençait à pousser de petits gémissements.
La machine était
lancée, il était hors de question de l'arrêter ; il n'y
avait de toute façon aucune raison de l'arrêter. Délaissant
les seins, je laissais mes mains descendre jusqu'aux boutons du pantalon. Fébrile,
il me fallut plusieurs tentatives pour arriver à les déboutonner
tous. Je voulais revoir ce cul, vite!
Attrapant jean et string,
je les fis glisser le long de ses cuisses. Arrivés aux genoux, Aurore
m'aida en s'appuyant sur la pointe des pieds afin de relever ses genoux, me
mettant sous le nez ce que je voulais tellement voir et rendant désormais
inutile tout effort d'imagination.
Mille souvenirs, mille
désirs retenus jaillirent de ma mémoire. Je sentais presque mon
corps trembler, une vibration rayonnant depuis ma queue jusqu'à mon ventre.
Ce cul offert, j'en avais besoin, il me le fallait!
Avec précaution,
je déposai un baiser sur chacune des fesses tendues. Je les répétais,
insistant un peu, les appuyant davantage. Ma langue amorça une balade
nonchalante, guidant son trajet sur l'étoile centrale. A l'affût,
je guettai la moindre crispation qui m'inciterait à retarder la prise
de l'objectif.
Mais rien de tel. Au contraire,
il me semblait que Aurore se cambrait un peu plus, m'offrant ainsi un meilleur
accès. J'hésitai encore un peu, redoutant de mettre brutalement
un terme à ce moment. Puis, je me lançai. Du bout de la langue,
j'effleurai le petit trou. Un frisson parcourut Aurore et elle laissa s'échapper
un gémissement plus fort.
Autre coup de langue, même
frisson, nouveau gémissement. Je m'enhardissais. De la pointe de la langue,
je caressais les abords du petit trou, formant des cercles concentriques qui
doucement me rapprochaient du centre. Les gémissements d'Aurore se faisaient
plus fréquents, plus longs, plus profonds.
Ma langue devenait plus
audacieuse. J'en enfonçai la pointe dans son cul jusqu'à sentir
les muscles se contracter autour, la retirai légèrement, puis
revenait à la charge pour m'enfoncer un peu plus loin. Aurore gémissait
mais n'arrêtait pas de lécher Cannelle. Son corps tendu était
cambré au maximum et son cul venait à la rencontre de ma langue
dans l'espoir d'être pénétré plus profondément.
D'une minute à l'autre, les coutures de mon jean allaient exploser. Elles
ne pouvaient avoir été conçues pour résister à
autant de pression!
La situation devenait intolérable.
Il fallait non pas que je la « sodomise », mais que je l'encule.
La sodomie, c'était la froideur d'un acte médical, l'enculage
c'était la libération des pulsions animales. Mais quel que soit
le point de vue, il aurait été maladroit de la prendre aussi sèchement.
Tout en la baisant du bout
de la langue, je tâtonnais sous le canapé à la recherche
de mes jouets. Je trouvais ceux qui m'intéressaient, un tube de gel "magique"
et Satanas, un petit god anal rose en latex souvenir d'un voyage à Amsterdam.
Je l'enduisis d'une couche de gel et, après avoir retiré ma langue,
l'approchai du cul d'Aurore. A son contact, elle arrêta de bouger une
seconde, puis entama des mouvements de bassin, afin d'aider le god à
se faire une place. Satanas y réussissait d'ailleurs plutôt bien,
aidé par les mouvements d'Aurore et par moi. Je répétais
le va et vient en insistant à chaque pression pour qu'il s'enfonce un
peu plus. Après quelques instants, le cul d'Aurore l'avala jusqu'à
sa base. Je le retenais d'une main tandis qu'Aurore continuait d'aller et venir
à sa rencontre, le faisant ressortir puis entrer un peu plus loin. De
mon autre main, j'avais enfin libéré le prisonnier de mon caleçon.
Pour le féliciter de sa patience, je l'avais massé et endui
t de gel. Si Cannelle ou Aurore m'avaient effleuré à cet instant,
j'aurais explosé. Mais je voulais me retenir, j'étais trop prêt
du but pour me laisser aller maintenant.
Je retirai Satanas. Le
trou du cul d'Aurore était un peu ouvert, détendu, prêt
à me recevoir. Saisissant la base de ma queue, j'en pressais contre l'orifice,
forçant doucement le passage. Aurore poussa un râle à mi
chemin entre douleur et plaisir. Je prêtais plus d'attention à
la partie plaisir.
J'allais et venais lentement, m'enfonçant un peu plus à chaque
mouvement. C'était chaud, c'était étroit, c'était
aussi bon que je l'avais espéré.
Quelque chose venait de cogner contre mes couilles : la main d'Aurore. Elle
avait commencé à se caresser et les mouvements de ses doigts se
faisaient de plus en plus rapides sur sa chatte.
En plus, elle jouait avec
son anus, tour à tour le décontractant, puis le contractant le
plus fort possible autour de ma queue, provoquant des sursauts de plaisir dans
tout mon corps. Je n'allais pas résister longtemps dans ces conditions.
Vraiment pas.
Ça tombait bien, Cannelle donna le feu vert.
Elle avait toujours les
paupières closes et la tête basculée sur le rebord du canapé
quand soudain elle se redressa. Entrouvrant les yeux, elle me fixa. Son regard
était vague, perdu, cherchait le mien sans arriver à le trouver.
Elle allait jouir, je le savais. Tout son corps se crispa, elle saisit un peu
plus fort la tête d'Aurore entre ses jambes et la colla contre son sexe.
Tandis que de sa bouche sortait un long râle allant crescendo, le cul
d'Aurore se contractait autour de ma queue. Elle ne bougeait plus à l'exception
peut être de sa langue sur le sexe de Cannelle et de sa main qui allait
incroyablement vite sur le sien. Un tremblement se mit à l'agiter et
un long cri sortit de sa bouche. Toutes deux jouissaient en même temps
sous mes yeux. C'en était trop, tout simplement. Je me collai contre
Aurore et sentis ma conscience s'échapper. A travers elle, c'était
Cannelle que je baisais. Le temps s'arrêta, l'espace se contracta, et
le monde disparut.
Pas longtemps.
On n'échappe pas
si facilement aux lois de la gravité.
Les corps retombèrent.
Sur le canapé, à terre. Vidés de toute énergie,
satisfaits, apaisés. Il n'y avait plus de mots pour décrire ce
qui s'était passé, plus qu'un souvenir gravé sur nos visages et qui s'estompait doucement.